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 Allez jouer dehors ! / Par Irène

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Nombre de messages : 78
Date d'inscription : 25/04/2007

MessageSujet: Allez jouer dehors ! / Par Irène   Mer 25 Avr - 12:32

“Allez jouer dehors!”

Passée la porte de la cuisine où ronflait en hiver la cuisinière à bois et où Odile chantait en écoutant la radio tout en faisant la vaisselle les variétés yé-yé des années 60/65…un premier passage couvert.
A droite le linge sèche parfois quand on ne peut pas l’étendre dehors ou bien est-ce la machine à laver qui se trouve là ?
A gauche, une minuscule salle de bain où se déroulaient les douches à la queue leu leu une fois par semaine, et le shampoing bien plus rarement (?):Le jeudi matin, maman nous faisait mousser le produit sur la tête et nous attendions notre tour pour rentrer se rincer sous la douche. Glagla ! Parfois, séance de Marie-Rose générale au retour de colo.. Puis passage au peigne fin. Aïe aïe aïe, ça tire! Dans ce passage aussi, le pot des bébés..

Un marche et on était dans la cour bétonnée. A droite le jasmin qui sent super bon - parfum entêtant.
Sur la fenêtre de la salle a manger les élevages de têtards puis grenouilles qui escaladent nos petites échelles.
Des escargots dans l’humidité de l’ombre du jasmin avec des coquilles jaunes et noires striées ou des tous jaunes très brillants. C’était ceux-là que nous sélectionnions pour nos “courses d’escargots”. On partait du muret du fond de la cour et nous guidions nos favoris…Plutôt dur dur de dresser un escargot !!
C’est là aussi, entre la fenêtre et le cagibi aux chaussures que se passaient les séances de photos pour “photos d’identité”: Nous posions devant l’écran blanc et papa appuyait sur le déclic: sourire ! Je revois nos jupes plissées à carreaux…
Mais revenons au “cagibi à chaussures”: une antre sombre qui sentait le cirage, le cuir, les pieds. Des “centaines” de chaussures de toutes tailles, j’aimais bien venir jouer à la marchande. C’est là aussi que j’ai appris douloureusement ce qu’étaient des chaussures “vernies”. Maman voulait que je mette mes chaussures vernies. Etait-ce que je n’avais pas envie de les mettre ou que réellement je ne savais pas ce que c’était, mais maman insistait et mettait en doute ma bonne foi, jusqu’à ce qu’excédée, croyant que je me fichais d’elle, elle me donne une claque tout en me montrant de quelles chaussures elle parlait…Je n’ai plus jamais oublié…C’est là aussi que j’ai commencé à prendre goût à cirer les chaussures.
Sortie de ce p’tit coin bien sombre, on longeait un parterre de capucines pour arriver au « ouatère » -petit cabanon avec un “trône” en bois et un losange découpé sur la porte pour laisser filtrer la lumière. La frousse parfois pour y aller le soir.
Reprenons à la marche: à gauche un petit coin avec un robinet ou Sylvain aimait bien s’asperger et où on lavait la salade ou les patates, à nouveau des capucines puis le catalpa, arbre superbe dans lequel ne pouvaient grimper que les plus grands.. dangereux parfois avec ses longs haricots pointus. Je crois que c’est Alain qu’en avait reçu un dans l’oeil. En haut du catalpa, toute une aventure de creux et de bosses, d’espaces imaginés en maison de lutins... les grappes de grosses fleurs superbes aussi. Au pied de cet arbre un poulet fut tué et plumé une fois sous mes yeux. Berk!
Dans la cour, divers jeux:
- 1,2,3 soleil !
- Le jeux des pays qu’on dessinait à la craie et qu’on grignotait progressivement ( la règle m’échappe). « Je déclare la guerre à… ».
- La balle aussi :“partie simple, sans bouger, sans rire, sans parler, mmmm, d’un pied, de l’autre, d’une main, de l’autre, petite tapette, grande tapette, petit rouleau, grand rouleau”.
- Les déguisements: je me marie avec Sylvain – I.D.et D.S, les deux voitures de citroën – le masque du « petit benêt », que j’avais choisi et dont tout le monde se moquait, même tante Andrée.
- Les patins à roulettes, plus tard –véritable course de vitesse, chorégraphie sur roulettes.
Et puis à la limite du jardin, les petits murets de part et d’autres du passage. Là, une véritable “Star Ac” se déroulait avec moi toute seule comme vedette: je chantais fort, je ne sais plus quoi, mais j’aimais ces moments en fin d’après-midi où chacun vaquait à ses occupations. Je crois que c’était des textes improvisés sur des textes inventés. L’artiste quoi!

Puis on rentrait dans le jardin avec ses allées qui faisaient le tour, bordées à droite des dahlias immenses, magnifiques, énormes, violets et blancs ou les pompons jaunes, oranges, rouges. Ca rendait excitant le retour des vacances d’été de découvrir le jardin fleuri.
Avant cela, géographiquement parlant, une espèce d’atelier avec un toit et une porte où on s’installait, les gendarmes, quand on jouait “aux gendarmes et aux voleurs”. C’est précisément là que Corinne, un jour de grand dépit, s’est vengée sur un pauvre escargot dont elle a coupé la tête avec des ciseaux.
Pas bien loin, plutôt central, un vieux prunier sur lequel on accrochait des tissus bariolés pour se construire des tentes-cabanes.
On continuait dans l’herbe et y’avait un p’tit buisson de rosiers et le lilas, proche d’une table où des photos avec les militaires tahitiens, calédoniens, parfois français, invités le dimanche à manger avec nous, ont étés prises.
Encore un peu plus loin, un sapin avait grandi là après un Noël ancien. Devant : de nouvelles photos des “grandes”, le jour de leur confirmation, Claire avec ses longues tresses et ses grosses lunettes de Nana Mouskouri, ou Evelyne en superbe robe bleue confectionnée par ses soins avec un éventail (elle, la photo est prise devant le prunier sus-cité) ou de moi, déguisée en Isabelle de Thierry la Fronde, pour une biennale, grand moment festif à Fontenay.
Si on revenait vers la maison, l’allée se bordait de rosiers grimpants avec de grosses fleurs jaunes aux pétales parfumés qui fondaient sur la langue.
Mais si on continuait vers le fond du jardin, un espace intense en émotions se tenait là: c’était l’endroit où il fallait venir chercher le persil au crépuscule, ça foutait la trouille parce qu’il y avait non loin l’entrée toute noire du garage, comme une bouche qui allait nous happer dans les ténèbres. J’aimais pas trop le garage. C’était un bric-à-brac, en vrac, de vieux vélos, poussette noire énorme, ferraille… C’était aussi par là qu’on pouvait s’échapper vers le “p’tit chemin” . Sylvain empruntait souvent ce passage pour aller vaquer à ses occupations extra-familiales. C’est par là aussi qu’on partait pour aller chercher le lait chez les Ruault, ou quand il faisait trop noir, moi, je préférais passer par la porte sur le boulevard Hoche… J’appréhendais d’y aller toute seule et expérimentais la peur au ventre, imaginant des formes, des bruits, les sens en éveil, pressée de rentrer avec mon bidon de lait…
On se r’trouvait parfois dans le p’tit chemin pour jouer je pense avec quelques voisins, peut-être les Perrotin. Parfois on apportait des épluchures aux lapins des Perrotin, les peaux de pamplemousse, c’était marrant de voir les grimaces qu’ils faisaient…Madame Perrotin, elle nous avait donné de la confiture de tomates vertes. C’était bon.
En parlant de tomates, dans le p’tit chemin, je mangeais les fruits d’une plante, de la chicorée je crois avec des fleurs bleu mauve. Ils ressemblaient à de minuscules tomates et étaient légèrement gluants mais pas mauvais. Y’avait une autre plante que j’adorais mâchouiller : c’est l’oseille avec le bord des feuilles et les tiges rougeâtres. Miam, le jus acide !
Je me souviens d’un jour de neige où Maman nous avait envoyé jouer dehors, on était allé dans le p’tit chemin. Il faisait glacial, on avait envie de rentrer, frigorifiés qu’on était mais on n’osait pas de peur de se faire engueuler…
« Qu’il pleuve, qu’il vente, toujours l’on chante ! »
C’était en colo qu’on nous chantait çà, la colo de St Michel Chef Chef.
Dès 6 ans j’y suis allée et après tous les ans jusqu’à 14 ans. La première année c’était dur dur , heureusement que Claire était là et aussi Florence je crois. Sinon, j’aimais bien : on rencontrait des gens rigolos qui venaient du fond du Panier de Marseille et se délestaient de leurs poux au passage. Y’avait Jerry , mon amoureux…un poulbot du Sud. C’est à La Brise de Mer aussi que Sylvain faisait des expériences de dormir « à la dure », rapportant des pierres pour mettre sous son oreiller… Drôles d’idées le frangin.
Mais revenons au « fond du jardin ».
Ce coin entre le sapin et le garage, c’est là que Papa faisait quelques plantations de radis, plantes aromatiques… C’est là aussi qu’il brûlait les herbes sèches avec la fourche. J’aimais bien : le feu qui sent bon et les joues qui chauffent. C’était l’endroit où on enterrait nos chats quand on les retrouvaient, des chats toujours noirs « Boule de Suif », « Triboulet », qui revenaient parfois blessés mourir chez nous.

Et puis, en bordure du mur, vers chez les voisins, le laurier. Facile à escalader, bien grand et solide, enchevêtrement de branches, dont une juste bien placée pour faire le cochon pendu et diverses acrobaties. J’aimais bien y venir seule, me suspendre et faire le singe. C’était encore mieux lorsque j’avais un public, en l’occurrence des militaires qui lorgnaient le spectacle depuis les fenêtres de la caserne, m’encourageant et m’applaudissant. Ou encore un trop petit frère, en l’occurrence Francis, qui aurait bien voulu monter mais que je narguais, allant jusqu’à faire le funambule sur le fil à linge, et qui trépignait de rage quand j’en rajoutais en l’appelant « petit bonhomme ».
Encastré dans le laurier, un petit cabanon en mauvais état qui abritait quelques outils de jardin et un peu de bois. Mais pas très investi comme espace, trop petit et encombré.
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MessageSujet: Re: Allez jouer dehors ! / Par Irène   Mer 25 Avr - 12:32

visiteur_velyne (le 10/01/2007 à 22h04)
Souvenir qui me revient avec l'odeur du cirage des chaussures le dimanche matin avant le culte,souvenir surtout d'intimité avec papa dans le silence me semble-t-il mais un moment qure j'aimais beaucoup , j'ai ensuite toujours aimé cirer les chaussures, ça me rappelle l'étonnement de Mariko me regardant dans cette activité à Bourgneuf peu habituel pour elle!
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