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 A table ! / Par Irène

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Date d'inscription : 25/04/2007

MessageSujet: A table ! / Par Irène   Mer 25 Avr - 12:31

« A table ! ! »

L’effervescence pour trouver sa place à table : selon qui avait mis le couvert, on avait pas toujours la même place. J’aimais bien imaginer des rapprochements : c’était un des intérêts de mettre le couvert, avec chacun ses couverts , sa timbale et son rond de serviette. Moi, ma timbale, elle avait le prénom Pierre. Après le cantique de remerciement en se tenant la main « Allelou, allelou, allelouia… » ou « Les pépins de Pommes », ou… ça s’enchaînait rapidement :
entrée, plat principal « preum !» : c’était elle ou lui qui léchait le plat et « deuz ! » : il ou elle se contentait de la cuillère. La course à chaque fois ! Surtout quand c’était des gratins.
Chaque soir, sauf pendant le Carême, le moment grandiose du fromage. Avec du beurre salé « passe moi le beurre » « passe moi le fromage » : le ravier et le plateau circulaient à toute vibure, (expression de Francis). On pouvait se servir deux fois, l’aubaine !
Et puis, les bons desserts, souvent le dimanche : le flan aux poires, miam !, juste cuit, pas trop, un peu caramélisé sur le bord, le « nègre en chemise », délice de marron avec crème fraîche versée dessus.
D’autres régals :
- les goûters avec pain beurré, beurre salé bien sûr, et fraises écrasées dessus + sucre
- le pain perdu
- les crèpes à la Chandeleur, avec concours du meilleur lancer, que Papa gagnait souvent en faisant sauter la crèpe sous la jambe ou derrière le dos.
- les goûters chez Mme Alizon, avec cacao en poudre étalé sur une tartine de pain beurré, salé bien sûr. Il valait mieux pas éternuer sinon on était saupoudré de chocolat.
- les repas tartine, le dimanche soir, où je me singularisais avec mon bouillon, écoeurée par tremper ma tartine de pâté ou de rillettes ou de fromage dans du chocolat chaud. Berk ! Même maintenant, ça me dégoûte.
Souvent, autour de la table, des moments importants : c’est là qu’on était tous réunis, et parfois on avait à choisir le prénom du prochain frère ou soeur. C’est ainsi qu’Hélène a échappé par un vote au prénom de Suzanne.
On fêtait aussi tous ensemble les anniversaires avec gâteau, bougies, cadeaux. Pour le mien, on brûlait le sapin dans la cheminée. Je préférais l’anniversaire à Noël, on avait plus de cadeaux, parce que chacun s’efforçait de faire un p’tit kekchose.
Au sujet de la cheminée, non loin d’elle et du sapin décoré de Noël, il y a avait une grande armoire avec un tiroir central. Dans ce tiroir, j’avais vu un joli petit carnet avec une protection noire vernie, qui m’avait beaucoup plu et que j’avais chipé. Maman s’était aperçue qu’il avait disparu et je continuais à mentir, même prise en faute. Hou, la vilaine !
Après le moment d’agitation du débarrassage, c’était soit le moment du coucher avec le rituel de « la chanson douce », chantée tous ensemble en se tenant par la main ou se pelotonnant contre Maman ou bien Papa – la place était chère- soit selon le jour, la télé. Mais j’étais trop petite pour voir Belphégor, qui était autorisé aux grandes, peut-être jusqu’à Alain ! La frustration, l’attirance de l’interdit…
La télé se trouvait dans le bureau de Papa, mais j’ai très peu de souvenir de l’avoir regardée. A part un film difficile sur la vie de Beethoven, qui m’avait impressionnée particulièrement lorsqu’il devenait sourd… Ca devait être un dimanche après-midi…
« Les dimanches à la con de quand j’avais disons dix ans… »

Sinon, si nous étions reléguées dans la chambre, et après que Maman ait vérifié les devoirs de Flo…(souvent un drame et « enlève tes lunettes ! », on connaît la suite…) y’avait les jeux avec Flo et Corinne avant de s’endormir : la pieuvre, le robot fou, les minuits sont sonnés, se faire craquer les orteils assises en triangle – Floïco – retenir sa respiration le plus longtemps possible, que je trichais, laissant échapper l’air silencieusement par le nez, et puis lorsque c’était éteint, « les clés de l’Académie » ou les histoires qui font peur « je suis la boule à trous ! ». Florence était assez douée pour ça et pour faire des rots en lettres d’alphabet aussi.
Parfois dans la nuit, un orage nous réveillait et nous nous rassurions de la voix. Certaines nuits, c’est Corinne qui sifflait et se réveillait en sursaut, en pleine crise d’asthme…panique à bord !
C’est là que nous nous inventions des prénoms en inversant les lettres, créant le verlan avant l’heure. Enéri Samud ou Ecnerolf ou Enniroc ou encore Niavlys, mais lui, il n’était pas dans notre chambre mais en face avec Francis, qu’on n’a jamais baptisé Sicnarf mais qui portait le doux diminutif de Frouty. Il était plus petit, Francis, pourtant pas tant que ça, mais je crois que j’étais plus tournée vers les plus grandes. Il faisait plutôt partie du trio des « petits »

Entre les deux chambres, sur le pallier, une porte un peu mystérieuse que j’hésitais à ouvrir. C’était une petite pièce, genre boudoir. Il me semble qu’il y avait une glace et quelques rares éléments de maquillage. J’imagine Odile dans cette pièce s’occupant de sa beauté, se coiffant, jouant les stars méconnues…Drôle d’endroit : n’y avait-il pas des boîtes à chapeau…une grande armoire…elle sentait la poudre de riz et des parfums exotiques.

Sur le pallier du premier étage : notre chambre avec un lit superposé : Corinne en haut, Florence en bas, mon lit à barreaux plus loin, deux lits pour nos poupons : Pascal, le blond aux yeux bleus pour Corinne, et Philippe, le brun aux yeux noirs pour moi. (un prénom qui m’a poursuivi, mon premier héros, Philippe, très mauvais élève à la maternelle, mais que j’admirais pour son côté entêté : il n’avait pas cédé devant la maîtresse qui lui défaisait un à un les boutons de ses bretelles et de son pantalon, avant de finir par lui donner une fessée cul nu devant tout le monde. Puis, divers amoureux avec ce même prénom). On jouait rarement avec nos poupons, il me semble.
En face, la chambre de Francis, Sylvain (et Alain, avant qu’il ne monte au grenier ?). Là aussi, un lit superposé et un lit simple, peu de place pour autre chose. Entre les deux, ce boudoir aux effluves de voyages lointains, j’y reviens… A côté de la chambre des garçons, celle de Papa et Maman et souvent d’un bébé dans un petit lit. Très impersonnel, un bébé… C’est là qu’un jour, j’ai entrevu la poitrine très poilue de mon Papa, qui m’a déclaré : « mon père était un ours ». Un peu le genre de phrase qui entretient le mythe, comme celle qu’il « avait mis dès sa naissance son cartable sur son dos pour aller à l’école », puisqu’il était né le premier octobre, jour de la rentrée en son temps .
En face, avant l’escalier qui monte au grenier, la chambre des « grandes », en l’occurrence Claire et Odile, puisque Evelyne avait sa chambre au grenier. Une porte communiquait entre leur chambre et la nôtre mais je ne me sentais pas autorisée à l’ouvrir, ou en catimini parfois, pour y chercher quelque secret. C’est comme ça que j’ai découvert le journal d’Odile et en ai lu quelques pages, stupéfaite et légèrement honteuse. On les entendait parfois rigoler et c’est sous leur fenêtre que sont venus chanter les tahitiens. Est-ce une légende ou est-ce bien vrai, cette histoire d’aubade ? En tous les cas, les beaux tahitiens n’étaient pas indifférents à Odile et Claire qui le leur rendaient bien.
Je me souviens de ce plongeur, chercheur de perles, arrivant tout droit des lagons tahitiens, tout dépaysé. Moi j’aimais beaucoup un grand malabar, Henri Tahouirari, gueule carrée, impressionnant par ses larges épaules. Je me pelotonnais dans ses bras puissants et devais m’y sentir en sécurité.
J’étais bien petite et on m’a dit que je ne cessais d’appeler : « Papa, Maman ! » (vers 2/3 ans).
Il y avait une autre personne impressionnante qui m’attirait – c’est ce qu’on m’a raconté parce que je ne m’en souviens pas : c’était un homme de passage, clochard ?, qui avait un crochet à la place d’une main, et sur les genoux duquel j’aimais me hisser.
J’ai toujours été attirée par les personnes un peu décalées. Les clochards étaient pour moi intéressants. Je me souviens celui que nous avons invité à notre table un soir où nous étions seuls. Evelyne était l’aînée et avait pris cette responsabilité. Il était tout surpris que les plus petits ne disparaissent pas sous la table : « Partout où je passe, les enfants vont se cacher dans des trous de souris ».Il avait rentré son vélo chargé dans le couloir…C’était plutôt un routard un peu crasseux…
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MessageSujet: Re: A table ! / Par Irène   Mer 25 Avr - 12:31

visiteur_flo (le 05/02/2007 à 18h08)
C'était en effet Claire l'ainée le soir du clochard.Ce gars mangeait à côté de moi et il était couvert de puces.On les voyait courir dans sa barbe et sur ses vètements.Je trouvais ça assez fascinant(pas dégoutant).Je crois que nous acceptions la différence sans problème.Ca faisait partie de notre éducation.

visiteur_Velyne (le 10/01/2007 à 22h23)
il semble d'après maman que ce n'est pas moi qui ai fait rentré le "voyageur", mais le souvenir des clochards barbus et chevelus évoquent plutôt pour moi Verrinnes. peut-être ces passages peuvent expliquer mon attirance pour les hommes de ce type et plus ou moins "décalés" aussi, cf philippe Serge et quelque conversations a des terrasses de café.

visiteur_corinne (le 31/12/2006 à 14h49)
Je ne me souviens absolument pas du baigneur Pascal ...
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